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mardi 15 mai 2018

Tenter d'être sobre au pays des pubs

Crédit : Oscar Söderlund/Unsplash

Depuis janvier, comme vous le savez, j’ai retrouvé un horaire de vie un peu plus sain grâce à mon merveilleux emploi (je ne finirai jamais de le répéter, j’adore tellement ce que je fais!). Puis, avec la vie de bureau, spécialement au Royaume-Uni, vient les typiques soirées au pub après le boulot, et ce, peu importe la journée de la semaine.
Ce n’est un secret pour personne de mon entourage, je suis toujours la première volontaire lorsqu’on propose un verre et je me suis donc assez facilement adaptée à ce train d’activité très propre à la culture britannique. Et comme je vous l’avais mentionné, rares (ou inexistantes) sont les sorties où on ne boit qu’une seule consommation. Ici, le concept de modération est assez flou et il semble qu’à chaque fois qu’on se retrouve avec un verre entre les mains, on se doit de continuer de boire jusqu’à ce que mort (ou presque) s’en suive.



Bien que ça peut être satisfaisant pour certains, dans mon cas, c’est un rythme auquel je deviens de plus en plus lasse. Le niveau de plaisir vécu durant les soirées au pub devient de moins en moins attrayant en comparaison aux répercussions corporelles (et mentales!) du lendemain et des jours qui s’en suivent.

Avec mes centres d’intérêts qui s’élargissent autour d’activités qui ne font pas nécessairement bon ménage avec l’alcool (le sport et le chant, pour les curieux), je contemple de plus en plus la sobriété, au grand dam de toutes mes connaissances en sol britannique.

Lorsque j’avais fait le défi 28 jours sans alcool en 2017, j’avais eu un peu de difficulté à assumer ma non-consommation auprès de mon entourage au départ, mais les gens ont vite compris et ce n’était plus un « problème ». Ici, il semble que la sobriété soit effectivement un problème. Tout est centré autour de l’alcool; les soirées après le boulot, les terrasses, les journées au parc, les activités après le sport, les récompenses au travail… Si tu ne prends pas d’alcool, c’est un peu comme si tu refusais de célébrer avec les autres. J’ai un collègue qui voulait faire une soirée avec plusieurs autres employés du bureau et il m’a gentiment demandé supplié de déroger de ma sobriété le temps de cette soirée.

La fin de semaine dernière, j’ai assisté à une soirée d’humour et l’humoriste en question tournait à la blague cette alarmante situation : Ici, on dit que les Anglais ont une drinking culture, ce qui est une belle façon de dire que la population a un drinking problem. Ici, lorsqu’on s’inscrit en tant que patient à une clinique médicale, on doit remplir un formulaire pour évaluer le niveau de notre santé, et un formulaire complet est dédié à la consommation d’alcool. Ici, voir quelqu’un en état d’ivresse avancée dans les transports en commun à 21 h un jeudi soir, c’est normal. Ici, rentrer au boulot en plein milieu de la semaine avec la pire gueule de bois de l’histoire de l’humanité, c’est routinier.



C’est à la fois inquiétant et fascinant. Don't get me wrong, je ne suis pas contre les gens qui boient et j'apprécie les soirées vino. J'ai seulement l'impression que depuis que je suis ici, c'est tout ou rien et que le casual drinking n'est jamais une option. Go big or go home, comme ils disent. Eh bien, laissez-moi rentrer à la maison. Je ne sais pas ce qui adviendra face à ma consommation, mais pour l’instant, je cite Fred Savard de La Soirée est (encore) jeune, et je vous annonce que je me suis choisie.

Mais pour combien de temps?




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