SOCIAL MEDIA

lundi 19 mars 2018

Bâtir une nouvelle vie

Crédit : Jonathan Kho/Unsplash

*Vous m’excuserez à l’avance pour le caractère psycho-pop de cet article; je n’ai pas voulu faire de moi une Elizabeth Gilbert, mais en même temps, je ne serais pas déçue s’il y avait des comparaisons!*

Pour plusieurs, quitter le nid familial dans sa jeune vingtaine (ou peu importe le moment – je ne juge personne!), c’est le début d’une certaine liberté; acheter ce qu’on veut, manger quand on veut, où on veut, se laisser traîner ou faire le ménage comme on l’entend. Dans mon cas, même si j’ai vécu toutes ces étapes, j’ai la sensation de connaître une toute autre liberté depuis que j’ai quitté le pays.

Ça peut paraître futile, mais toutes les choses, aussi simples soient-elles, que j’ai dû accomplir à Londres, sans l’aide de personne, me rendent fière de la personne que je suis. C’est une victoire à chaque moment. Ouvrir moi-même mon compte de banque; une banque que j’ai choisi (du moins, dans les circonstances qu’on me connaît), et non pas simplement joindre l’institution à laquelle mes parents étaient déjà, ça me rend fière.

Le mois dernier, après m’être baladée dans mon quartier, j’ai vu un centre dentaire qui me semblait sympathique; un coup d’œil rapide sur Google Reviews et leur site web et puis hop! J’ai pris rendez-vous pour un nettoyage bien mérité! Ce fût la première fois qu’un dentiste différent examinait mes dents (et ce, en anglais!). Mon rendez-vous s’est bien déroulé et j’ai même fixé le prochain pour le mois d’août. C’est officiel, j’ai un dentiste à Londres. MON dentiste, que J’AI choisi, dans MA ville. 

C’est difficile à expliquer, et tout ceci vous laisse probablement encore plus perplexe, mais je ressens une fierté indescriptible à faire toutes ces actions par moi-même. J’ai l’impression, pour la première fois, d’avoir le contrôle sur mon existence, de décider par moi-même et de me bâtir une vie bien à moi, sans l’influence de personne. C’est comme si j’avais eu la chance de me réinventer, de me redéfinir et de me découvrir, autant par mes grandes décisions que par mes petites actions. J’ai fermement l’impression que je n’aurais pas pu vivre ça ailleurs. Le fait de m’être détachée de tout ce que je connaissais et me retrouver devant rien m’a permis d’apprécier tous mes petits plaisirs quotidiens. Londres me permet de me créer une vie à moi, comme je l’entends, sans avis extérieur, sans famille pour me rattraper, sans ami pour me conseiller. C’est un peu comme si j’apprenais à faire du vélo seule, sans petites roues, sur la grande piste cyclable de ma vie. Oh que ça sonne comme un livre de croissance personnelle de 1983; je m’en excuse. En même temps, c’est ainsi que je me sens. Je suis tellement reconnaissante de ce que j’ai accompli depuis que je suis ici et de la vie que je me suis créée, à mon goût, à mon image, sans jugement externe, sans filet de sécurité et avec tout à gagner.

Ce que j’essaie d’expliquer depuis le début de cet article en fait, c’est que je m’épanouie et que je trouve ça beau. J’aime ce que je suis en train de devenir et ce que je bâti autour de moi. On va bien s’entendre, moi et cette nouvelle vie.

Avez-vous déjà vécu ce genre de sentiment? Dans quelles circonstances? 

Publier un commentaire